Archive pour juillet, 2011

Jour 9: Dimanche 31-07-2011

La foi ; croire indubitablement en l'accomplissement de la folie de son coeur !       

          Au culte, aujourd’hui, il fut surtout question de la foi, « ferme assurance des choses qu’on espère, démonstration de celles qu’on ne voit pas » (hébreux 11/1) ! 

          La foi ; ne vraiment pas savoir comment l’on pourrait être exaucé et d’ailleurs, ne pas avoir à s’en préoccuper, mais seulement croire, juste cela et s’armer de patience.     

          Si j’ai la foi ? Je ne sais pas, j’aimerais beaucoup en tout cas… Je ne demande qu’à l’avoir !     

          Tout bien considéré, je crois l’avoir (…dans une certaine mesure) puisque je suis constamment habité, concernant mes études, de cette ferme assurance que les choses iront indubitablement bien. 

          En outre, je suis intimement convaincu que Au détour de l’amour, sera incontestablement un Best-seller.

         C’est sans doute de la folie pure que de penser déjà cela, je te l’accorde. Mais avoir la foi en Dieu, n’est-ce pas justement croire résolument que la folie de son cœur, s’accomplira certainement ?

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 31 juillet, 2011 |Pas de commentaires »

Jour 8: Samedi 30-07-2011

Sérénité ! 

          On peut dire que mon exam s’est plutôt bien passé. 

          Mes amis se sont une fois encore étonnés de cette sérénité que j’affiche à chaque exam, peut importe qu’il soit vraiment facile ou franchement difficile. Ils disent m’envier très sincèrement cette capacité à toujours garder mon sang froid. S’ils savaient qu’en dehors des études, les choses n’étaient pas forcément aussi évidentes… 

          Je remercie le ciel en tout cas pour cette force d’esprit.   

          Richard Kippling affirme que « garder la tête froide quand tous les autres la perdent, c’est ne pas mesurer l’événement. » Je ne sais pas pourquoi il dit une telle chose, mais je ne suis pas d’accord avec lui. C’est justement le contraire, c’est justement parce que l’on mesure pleinement l’événement que l’on se doit impérativement de garder la tête froide.

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 30 juillet, 2011 |Pas de commentaires »

Jour 7: Vendredi 29-07-2011

Tes larmes, ma plus belle preuve d'amour ! 

          Tu le sais bien, j’ai cette manie de retenir les dates (ça a toujours été plus fort que moi). J’aimerais te rappeler l’une d’entre elles qui m’a particulièrement marqué.

                 C’était le dimanche 1er mars 2009. Je t’avais alors offert à l’occasion de ton anniversaire (avec quelques jours de décalage) cette chaine. Mais avant ça, je t’avais fait cette bien méchante blague qui t’avais beaucoup perturbée. Puis quand je t’ai finalement fait savoir que c’était juste une blague, tu as alors versé des larmes. Je ne te l’ai pas dit, mais tes larmes m’avaient énormément ému ce jour-là. Ceci parce qu’ils étaient non seulement l’expression de ce que mon cadeau te plaisait véritablement mais surtout, parce que par cela, j’entrevoyais à quel point tu tenais à moi.

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 29 juillet, 2011 |Pas de commentaires »

Jour 6: Jeudi 28-07-2011

Percées de mon Soleil au travers des nuages de mon amertume !

          Les nuages du doute, du désespoir et de l’amertume qui obscurcissent mon ciel semblent se dissiper lentement mais sûrement. J’entrevois le soleil qui tente de plus en plus de fréquentes percées. Tout va donc pour le mieux.

             J’en ai donc profité pour réviser une bonne partie de la journée, compte tenu de l’exam de ce samedi. Comme cela faisait longtemps que je n’avais pas autant bossé !

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 28 juillet, 2011 |Pas de commentaires »

Jour 5: Mercredi 27-07-2011

Coeur en peine ! 

        « Il n’y a pas de désespoir plus absolu que celui que l’on rencontre lors des premiers instants de nos premières grandes peines, quand on a pas encore connu ce qu’est souffrir et guérir, d’être désespéré et de s’en remettre » Georges Elliot.

       

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 27 juillet, 2011 |Pas de commentaires »

Jour 4: Mardi 26-07-2011

Il est temps de repartir au galop ! 

        Comment fait-on pour ne pas penser à une personne à laquelle l’on ne peut s’empêcher de penser ?

        C’est là une question bien ardue que je te pose, je sais.  

        Vois-tu, mes pensées sont pleines de toi. Je te vois partout. Je te vois quand je me réveille le matin, quand je prends une douche, quand je mange, quand je regarde la télé, quand je pars pour l’école… quand je me regarde dans une glace, c’est même ton reflet que je vois à chaque fois.       

        J’essaie donc de t’ôter de mon esprit, pas complètement (ce serait une pure utopie, un bien gros mensonge que j’essaierais alors de me faire croire) mais, juste assez pour pouvoir penser à autre chose. Pour pouvoir passer tant soit peu à autre chose, à toutes ces choses mises en stand-by depuis un  trop bon moment maintenant et qui ne cessent de me réclamer hardiment. 

      Il urge vraiment que je reprenne les choses en main. Je dois le faire pour moi, certes, mais également pour toi.

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 26 juillet, 2011 |Pas de commentaires »

Jour 3: Lundi 25-07-2011

Découvre ta surprise ! 

        En tout début d’année, j’avais écrit juste comme ça sans vraiment y penser sur l’une des fiches que tu m’avais données (je ne sais si tu t’en souviens encore) le vœu suivant : « Que cette année 2011 qui débute soit pour moi l’année de la Découverte ; découvertes en tout genre ! » 

        Je ne croyais alors pas si bien dire ; 2011 se présente justement comme tel !   

        Je constate que depuis le milieu du mois de juin, chaque jour qui passe m’apporte son lot de surprises. On aurait dit que toutes ces choses qui étaient tapies dans l’ombre, dans mon ombre, ont soudainement décidé de se faire enfin jour, les unes à la suite des autres. Et elles ne sont pas toujours des plus agréables.      

       Tu sais, j’ai heureusement réalisé quelque chose de très important. Quand des évènements douloureux surviennent, on en arrive à se demander (bien souvent à tort) ce que l’on a bien pu faire pour mériter cela. Mais plutôt que de se laisser abattre et de sombrer dans la tristesse, il serait beaucoup plus avisé de se pencher de plus prêt sur la situation et de l’examiner avec sérénité et profondeur d’esprit.       

      On aura alors la surprise de s’apercevoir que pas mal des choses qui nous arrivent et qu’on tenait pour horribles et injustes, ne nous arrivent en fait que dans notre suprême intérêt. 

    Ce qu’il convient donc de faire, c’est de savoir tirer le meilleur profit possible des situations difficiles qui ne sont en fait, ni plus ni moins que des bénédictions pour nous.

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 25 juillet, 2011 |Pas de commentaires »

Jour 2: Dimanche 24-07-2011

L'amitié Parfaite ! 

        Les vrais amis, dit-on, se reconnaissent dans les moments difficiles. 

         Puisque je vis actuellement des moments difficiles (‘difficile’, ce mot m’apparaît bien faible vu la situation mais bon…), c’est l’occasion idéale de vérifier la véracité de cette assertion.       

        Tahar Ben Jelloum disait justement qu’ « un ami, c’est celui avec qui on a l’impression que le malheur se fait plus léger ; sa présence et son dévouement nous permettent d’en partager le poids ».       

        J’ai toujours bien aimé sa citation, je vais donc m’en servir comme substrat à mon analyse (celle de savoir si j’ai effectivement de vrais amis, bien entendu).        

        * Etape 1 : « un ami, c’est celui avec qui on a l’impression que le malheur se fait plus léger ». Dans ces moments vraiment pénibles et sans précédents à ce jour que je vis, ai-je concrètement ne serait-ce qu’une seule fois eu la sensation que ma peine s’en est trouvée plus légère du fait du soutien d’un ami ? Franchement dit, je ne sais pas trop mais je n’en ai pas tellement l’impression en tout cas. C’est vrai que certains de ceux que je considère comme des amis ont eu à faire acte de présence mais au final, cela ne me parait pas avoir été suffisant pour atténuer ma peine. Peut-être aurais-je souhaité d’eux plus de dévouement ? Cela me conduit donc à l’étape suivante.      

        * Etape 2 : « sa présence et son dévouement nous permettent d’en partager le poids ». Comme je l’ai reconnu tantôt, certains de ceux que je considère comme mes amis, me sachant dans la tourmente sont venus aux nouvelles et ont même tenté de me soulager. L’un deux en particulier y a donné d’un peu de son temps et de son énergie pour essayer d’arranger les choses (ce que j’ai vraiment apprécié même si cela n’a strictement rien changé à la situation) mais comme je l’ai précisé, c’était vraiment d’un peu de son temps puisqu’il s’est rapidement éclipsé. Cependant, deux en particulier, ceux justement sur le soutien et le réconfort desquels j’espérais me recueillir tant soit peu, sont ceux là même qui m’ont le plus déçu. Ils se sont juste donné bonne conscience en se contentant d’assurer un service minimum. Tu conviendras certainement avec moi que même s’il y a eu présence dans ces deux cas, on ne peut vraiment pas parler de dévouement. 

        Que dois-je conclure de tout cela ? Que je n’ai en fait pas d’amis ? C’est là une question fort intéressante mais assez étrangement, elle ne présente plus grand intérêt à mes yeux. Plus depuis que j’ai découvert que le plus important ne résidait pas dans cette question mais dans le constat que j’ai fait : les amis peuvent bien des fois nous décevoir et parfois à un point auquel l’on ne saurait s’y attendre. Mieux vaudrait, dans ces conditions, s’abstenir d’espérer en eux.

        La Bible nous met justement en garde à ce propos. Il y est dit, au 5e verset du 7e chapitre de Michée, « Ne crois pas à un ami, ne te fie pas à un intime ». C’est là une exhortation à ne point mettre sa confiance en un ami, celui-ci pouvant être infidèle.     

        Mais question : Si je ne dois pas compter sur mes amis, me fier à eux et encore moins, espérer en eux, vers qui pourrais-je alors me tourner ? C’est vrai ça, vers qui ? 

        Le livre de Michée apporte fort heureusement la réponse à cette question que je me pose et qui est d’un capital intérêt pour moi. Il y est répondu à ma question au verset 7 du même chapitre de la façon suivante : « Pour moi, je regarderai vers l’Eternel, je mettrai mon espérance dans le Dieu de mon salut ; Mon Dieu m’exaucera ».   

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 24 juillet, 2011 |Pas de commentaires »

Jour 1: Samedi 23-07-2011

       Ecrire pour vivre !

        Voilà que je découvre dans l’écriture une vertu que j’ignorais complètement : celle d’atténuer les peines et de maintenir vivante la flamme de l’espérance.  

        Ecrire, j’ai véritablement pu m’en apercevoir ces deux dernières années, est un véritable délice. Et ces dernières semaines, cela surpasse le simple cadre du plaisir.      

        Ecrire contribue à maintenir debout mon équilibre émotionnel et s’avère être actuellement ma deuxième source de plaisir. 

        Ecrire devient chaque jour un peu plus une nécessité vitale pour moi et bien plus qu’une nécessité vitale, cela semble se présenter désormais comme un élément clé du salut, de mon salut.     

       On m’aurait dit il y a tout juste trois ans que les choses en seraient un jour ainsi, j’en aurais probablement ri. J’aurais alors ri d’une chose qui est aujourd’hui ma réalité.    

       Dieu et ses surprises…

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 23 juillet, 2011 |Pas de commentaires »

Au détour de l’amour (Chapitre 1: Rencontre du 3e type… avec un ange !)

 Merle africain.       

          Assez lentement, j’ouvris les yeux, réveillé par un vague mais délicieux bruit qui provenait du côté de la fenêtre ouverte. Les rayons du Soleil – qui inondaient déjà ma chambre et m’agaçaient légèrement la vue – me firent comprendre qu’il faisait jour. Je m’étirai longuement, rassasié de sommeil. Au fil de quelques secondes, le bruit que j’avais entendu se précisa pour devenir une belle et agréable mélodie. Ma chambre qui se trouvait à l’étage, donnait sur le bien coquet jardin de la maison. Et sur l’une des branches de l’unique tulipier du Gabon du jardin qui tutoyaient la fenêtre de ma chambre, était perché un merle africain qui s’en donnait à cœur joie. Je venais ainsi d’identifier le gentil importun, l’auteur de mon délicat réveil. Je rampai délicatement vers le bord du lit, en direction de la fenêtre. Je ne tenais surtout pas à effaroucher l’oiseau et qu’il s’en aille. Celui-ci ne semblait par ailleurs nullement s’inquiéter de mes mouvements ; il poursuivait tranquillement son chant avec la même dextérité. Maintenant, je le voyais bien mieux. Je voyais assez distinctement l’iris brun clair de ses petits yeux et son bec orange, duquel s’échappait son chant. C’était la première fois que j’en voyais un d’aussi près, bien que plusieurs de ces oiseaux nichaient dans les arbustes du jardin. Ils étaient d’ordinaire assez craintifs mais, cela n’était manifestement pas le cas de mon ami que voici. Tout en l’écoutant et en l’observant, j’eus la curieuse sensation qu’il me fixait et que cette jolie mélodie qui s’échappait de son bec, il l’avait composée rien que pour moi. On aurait dit qu’il entendait partager avec moi une émotion ; une émotion joyeuse et singulière. Plus curieux encore, maintenant que j’y pensais, c’était non seulement le fait qu’après toutes ces années je n’avais encore jamais été tiré du sommeil par le chant d’un merle africain (je n’en avais pas le souvenir en tout cas) mais surtout, ayant à maintes fois entendu chanter ces oiseaux, je n’en avais jamais été particulièrement séduit par le chant. C’était pour le moins étrange; une banalité quotidienne qui du jour au lendemain devenait une véritable découverte, un véritable voyage pour l’ouïe. Je partageais, en cette matinée, avec cet oiseau, avec la nature, un moment vraiment privilégié.

          Ce samedi 09 juin 2012 commençait bien !

          Quelques minutes plus tard, mon petit compagnon m’ayant brusquement quitté, il était temps de passer à autre chose. Je sortis donc du lit avec l’intention de prendre ma douche matinale. C’est là, de la journée, un des moments que je préfère le plus.

          C’était l’esprit léger et le visage rayonnant de bonne humeur que je dévalai, une demi-heure plus tard, les vingt-quatre marches de l’escalier, direction la cuisine. En passant près du réfrigérateur, j’aperçus un petit mot qui y était inscrit. C’était un mot de ma mère qui m’était adressé, disant : « Coucou Roldan ! Bien réveillé ? On rentrera un peu tard ce soir ton père et moi. Ne nous attendez donc pas pour dîner. Au fait, sois gentil pour une fois, termine ton petit déjeuner. Bonne journée à toi mon chéri. Gros bisous ! »

          Vous l’aurez sans doute compris, je m’appelle Roldan !

          Ma mère m’avait soigneusement préparé mon petit déjeuner avant de s’en aller au boulot, comme d’habitude. Elle avait toujours insisté pour que toute la famille prenne le petit déjeuner ensemble mais avec moi, grand amateur de grasse matinée, surtout pendant les vacances comme cela était présentement le cas, c’était peine perdue puisque j’étais presque toujours le dernier à sortir du lit. A dire vrai, j’étais toujours le dernier à sortir du lit (j’étais par contre toujours le dernier à  y entrer). Elle avait donc fini par se résigner mais me préparait chaque fois qu’elle le pouvait mon petit déjeuner.

          Entre deux bouchées de tartine, je jetai un coup d’œil à ma montre. Elle m’indiqua qu’il était pratiquement dix heures. Je me dépêchai donc d’avaler mon assiette car il ne fallait absolument pas que je manque ne serait-ce qu’une miette du grand documentaire que présenterait d’une minute à l’autre National Geographic Channel sur l’Univers.

          Le documentaire en question débutait justement quand je mis en marche la télé. Depuis tout petit, j’ai toujours bien aimé regarder des documentaires à la télé. Je les trouve très pratiques pour apprendre un grand nombre de choses en un court laps de temps. Et si je tenais particulièrement à voir celui-ci, c’était pour en apprendre plus sur cette supposée formation de l’Univers.

          Personnellement, ça me fait parfois sourire de voir toutes ces théories scientifiques qui tentent chacune d’expliquer la formation de l’Univers et l’origine de la vie sur Terre. J’estime que certaines (je dis bien certaines) sont franchement décalées. La plus célèbre d’entre toutes les théories est sans doute le Big Bang, cette gigantesque et fameuse explosion qui serait à l’origine de l’Univers et donc de tout ce qui le compose. Ainsi, le fonctionnement du Système solaire selon des lois physiques très précises et avec une régularité prodigieuse ou encore, la position unique de la Terre dans le Système solaire par rapport au Soleil qui a permis et permet à la vie de se développer, ne seraient que le résultat heureux de cette explosion. Quant à la vie sur Terre, elle est censée être née dans les océans du globe et aurait évolué jusqu’à sa forme la plus élevée c’est-à-dire l’être humain, par le moyen d’une série de changements biologiques qui se seraient produits sur des millions d’années. Et oui, selon la théorie évolutionniste, les espèces ont évolué progressivement. Cette évolution des espèces se serait effectuée au cours des âges par des variations ou mutations aléatoires, soumises à la pression sélective du milieu ; la fameuse « sélection naturelle ». Ainsi, l’Homme ne doit son existence qu’à une incroyable série d’événements aléatoires ; à un pur hasard. Même si ce hasard peut nous sembler formidablement complexe, minutieux … heureux, il n’en demeure pas moins qu’il s’agisse bel et bien d’un hasard. Que les choses soient claires cependant, ne voyez pas dans mes propos une remise en cause du Big Bang. Là où je veux simplement en venir, c’est que contrairement à ce qu’avancent certains scientifiques, le Big Bang, s’il a eu lieu, ne peut en aucun cas être le fruit du hasard. Il n’est pas besoin d’être un expert en explosion pour comprendre que d’une explosion, ne peut naître quelque chose d’harmonieux.  Certainement pas quelque chose d’aussi harmonieux et complexe que l’Univers en tout cas. Je pense alors que le Big Bang et tout ce qui en a résulté ne sont que l’œuvre d’une Intelligence qui nous est hautement supérieure et que nous avons de la peine à appréhender ; de Dieu par conséquent. Pour moi Dieu est à l’origine de tout. L’Homme a toujours eu peur de l’inconnu ou du moins en a toujours été fortement intrigué. C’est pourquoi il a toujours tenu à trouver une explication rationnelle à tout ce qui dépasse son entendement parfois si limité. Et quand bien même celle-ci serait erronée ou même inepte, il s’en accommode volontiers. Au moins, elle lui parait logique et a le mérite de rendre connu l’inconnu et dans une certaine mesure, l’arrange même. 

          J’étais rivé au documentaire quand la sonnette de la porte d’entrée retentit. Je n’y prêtai d’abord pas vraiment attention mais, elle retentit de nouveau et se fit même plus insistante. Je me levai alors, histoire d’aller voir qui c’était. Je jetai un coup d’œil à travers le judas; c’était Matt! Je ne sais pas pourquoi j’étais surpris de le voir là, il m’avait pourtant prévenu la veille qu’il passerait à cette heure-ci. En fait, j’avais complètement oublié.   

          Matt est un ami. J’avais banalement fait sa connaissance il y a à peine trois mois, lors d’un séminaire organisé à l’université. Et depuis lors quand on se voyait en amphi, on échangeait de brèves amabilités. Puis, un beau jour que je revenais de mon cours de guitare, guitare en main, je suis tombé sur lui et là, nous avons plus amplement fait connaissance. On s’est aperçu bien assez tôt qu’on avait tous les deux une passion commune pour la musique. Il se trouva par ailleurs que nous n’habitions l’un et l’autre, pas si loin que ça puisque nos rues se faisaient pour ainsi dire face. Matt est quelqu’un de vraiment sympa, qui a toujours un petit mot à dire quel que soit le sujet.

          Quand je lui ouvris la porte, je m’aperçus, un peu surpris, qu’il n’était en fait pas seul. Il y avait avec lui deux filles qui ne pouvaient être vues à travers le judas de par leur position.   

          Je les priai tous de bien vouloir entrer, ce qu’ils s’empressèrent de faire. Je les conduisis dans le salon et après les avoir invités à faire comme chez eux, je me rendis prestement à la cuisine leur chercher à boire.

          Aussitôt entré dans la cuisine, je refermai automatiquement la porte derrière moi et m’y adossai. Je restai ainsi immobile un moment. J’avais le souffle court, mon cœur battait plus vite que la normale et mes mains étaient toutes moites. On aurait dit que j’avais vu un ange. Mais oui, c’en était sûrement un ! Vu sa belle chevelure d’un noir intense et brillant, la finesse de sa taille, son magnifique teint clair, ses beaux yeux noirs en amande, son charmant sourire, ses belles mains bref, vu son indéniable et saisissante beauté, c’est évident qu’elle ne pouvait qu’être un ange (on ne s’en doute pas forcément certes, mais c’est fou tout ce que l’on peut remarquer en un coup d’œil).   

          Au fait, qu’étais-je venu faire dans la cuisine déjà ? Ah oui, leur chercher à boire ! J’optai de leur servir un bon jus de citron fais maison. Tous s’en délectèrent. Je m’en doutais bien, personne n’a jamais résisté au jus de citron de ma mère. 

          Après plusieurs gorgées, Matt posa son verre et entreprit enfin de me présenter ses amies. Faut dire qu’il était grand temps, je commençais très sincèrement à désespérer. 

          C’est ainsi que je fis la connaissance de Laetitia et de Roxy, toutes deux sœurs. 

          Roxy ! L’ange s’appelait donc Roxy !   

          Matt m’expliqua que les filles et lui se connaissaient depuis bien des années, depuis sept ans maintenant. Ils habitaient le même immeuble et leurs mères étaient en outre d’excellentes amies. Je n’en revins pas de l’apprendre mais, les deux sœurs étaient elles aussi, en première année de droit dans la même université que moi. Toute une année universitaire s’était donc écoulée sans que je n’aie remarqué une seule fois l’une comme l’autre alors que nous nous retrouvions chaque jour dans le même amphi. C’est vrai que deux cents étudiants ça fait beaucoup mais, je croyais avoir plus ou moins cerné tous les visages. Et un visage comme celui de Roxy, croyez-moi, il ne peut (normalement) passer inaperçu.

          Les présentations d’usage terminées, l’attention de mes visiteurs se déporta soudainement vers la télé où le documentaire continuait inlassablement son cours. Matt –  comme il fallait bien s’en douter – fit alors un commentaire qui nous plongea, à notre insu, dans une passionnante et interminable conversation qui, au fil des minutes, s’éloigna progressivement du sujet initial pour en arriver à des questions relatives à la fac puis, par un énième soubresaut, à nos souvenirs d’enfance.   

          Roxy, Matt puis Laetitia racontèrent leur plus beau souvenir d’enfance, chacun essayant tant bien que mal de communiquer aux autres toute l’émotion s’y rattachant. Puis, ce fut mon tour. Je les prévins que le mien risquait d’être un peu plus long que les leurs. Mais qu’à cela ne tienne, tout ce qui les intéressait en cet instant précis, c’était que je le leur raconte. Aussi me dissuadèrent-ils de toute tergiversation.

          Je leur racontai alors mon meilleur souvenir d’enfance, lequel était un souvenir d’école. D’ailleurs, je veux bien le partager avec vous aussi.

          J’avais encore trois ans quand mes parents m’envoyèrent à l’école. Vu que j’avais pour mon âge l’esprit plutôt vif et que je manifestais constamment le désir d’y aller, ils jugèrent bon voire impératif de le faire. Mon père préféra, je ne sais trop pour quelle raison, m’inscrire en première année de cours préparatoire plutôt qu’à la maternelle. J’avais toujours voulu moi aussi  faire comme mes frères ; apprendre par cœur ces trucs qui se trouvaient dans leurs cahiers et qu’ils appelaient leçons pour ensuite, les réciter auprès de mon père ou de ma mère. Je trouvais ça drôle et amusant vous savez ! J’étais désormais élève comme mes frères, j’allais enfin  pouvoir m’amuser vraiment. Cependant, voilà déjà plusieurs semaines que je me rendais régulièrement à l’école mais que le maître ne nous faisait faire à moi et aux autres élèves que de gros points et autres arabesques bizarroïdes dans nos cahiers. A croire qu’il ignorait tout de l’existence des leçons lui. Je ne voyais pourtant pas l’intérêt de ces trucs moi. J’avais fait le choix de l’école uniquement pour les leçons et sans ça, je ne voyais vraiment pas pourquoi je continuerais à y aller. Je fis donc part de mon ras-le-bol à ma mère qui pour me rassurer fit mine d’ordonner à ma nounou d’en toucher un mot à mon maître. J’étais si content, je savais bien que je pouvais compter sur maman ; elle avait toujours su trouver solution à tout. Le lendemain matin, ma nounou me conduisit à l’école jusque dans ma salle de classe comme d’habitude et là, à ma grande surprise, elle s’en alla sans mot dire. Le maître était pourtant présent. Elle s’en était donc allée sans lui dire ce qu’il était convenu qu’elle dise. Je n’en revenais pas, ma nounou tant adorée venait de me trahir ! J’étais donc là, assis, bouillonnant de rage et d’amertume quand me vint à l’esprit cette phrase que disait souvent le maître : « On est jamais si bien servi que par soi-même ». C’est alors que moi, Roldan,  d’ordinaire si timide, je pris mon courage à deux mains et, gonflé à bloc, je m’avançai auprès du maître et lui dis à peu près ceci : « Monsieur, je suis fatigué de faire point-point. » Le maître parut un instant estomaqué puis, subitement, pouffa de rire. Depuis bien des années maintenant qu’il enseignait, aucun de ses élèves, encore moins du cours préparatoire n’était venu se plaindre à lui comme je venais de le faire. Aucun apparemment n’en avait jusque là eu le courage. Le maître parvint à se contrôler et cessa de rire. Il me regarda alors droit dans les yeux et me promit qu’on n’aurait plus jamais à faire de point-point. Je retournai alors à ma place tout fier de moi, tout fier de ce que je venais de réaliser. Je venais de remporter la toute première victoire de ma vie. Le soir même, mon maître puisqu’il connaissait bien mes parents, passa à la maison leur raconter le petit évènement qui s’était déroulé le matin à l’école. Mon père et ma mère n’en crurent pas leurs oreilles d’apprendre que leur garçonnet alors si timide ait eu le courage de faire pareille chose. Ils eurent ce jour-là, une belle raison d’être encore plus fiers de moi. Et vous savez aussi bien que moi que quand on est enfant, l’une sinon la chose qui importe le plus, c’est de savoir ses parents fiers de soi. 

          Mon récit plut visiblement à mes chers visiteurs et tout particulièrement à Laetitia qui s’était bien marrée.  

          Tout le temps qu’on était là à bavarder de choses et d’autres, j’avais un mal fou à détacher les yeux de Roxy. Détourner mon regard d’elle avait quelque chose de douloureux. Et le décor d’alentour semblait manquer toujours plus de couleur chaque fois que je m’efforçais de le faire. Je ne la regardais pas ouvertement mais plutôt du coin de l’œil. J’ose espérer que personne n’avait repéré mon manège.

          Roxy était belle, vraiment belle ! La robe rouge à pois noir et blanc qu’elle portait et qui s’arrêtait à la naissance de ses genoux, épousait parfaitement sa silhouette fine et cependant généreuse. Il se dégageait de son visage – lequel semblait avoir été artistiquement façonné dans une fine couche de porcelaine – une si grande expression d’innocence qui, je dois le reconnaître, avait quelque chose d’intrigant et de séduisant à la fois. Ses yeux avaient un étrange mais charmant aspect cristallin. On avait l’impression de se noyer dans la profondeur de son regard quand on s’y plongeait. Il y avait ce sourire, ce magnifique sourire qui ornait constamment son visage. Je crois n’en avoir jamais vu d’aussi sublime auparavant ou que si… celui de ma mère. Que dire de sa voix, elle était si tendre, si douce, si câline, si… enivrante, qu’on ne pourrait imaginer s’en lasser. Il y avait dans sa gestuelle, un savant dosage de grâce et d’assurance. Ses longs cheveux qui lui tombaient dans le dos, semblaient onduler à chacun de ses mouvements. 

Nola

          Je fus soudain tiré de ma contemplation par des jappements qui semblaient se rapprocher de nous. Nola, notre bichonne maltaise, venait de faire son entrée par l’une des portes du salon et se précipitait vers moi. Ses jappements n’avaient pas cessé. En fait, ils étaient adressés à l’un de mes visiteurs; à Matt comme toujours. Je ne saurais vous expliquer pourquoi, mais depuis leur toute première rencontre, elle semblait avoir bien du mal à le porter dans son cœur. Elle était même allée jusqu’à lui uriner dessus une fois. Elle, pourtant si aimable avec les visiteurs. Son attitude nous déconcertait, mais amusait énormément Matt. Il déclarait souvent que si Nola agissait ainsi à son égard, c’était seulement parce qu’elle était secrètement amoureuse de lui. Et comme elle était trop fière pour assumer cet amour, elle n’avait trouvé d’autre alternative que de le cacher derrière un simulacre d’agressivité.

          Je dus encore une fois menacer Nola de l’envoyer dans sa niche pour la voir revenir à de meilleurs sentiments et faire comme toujours sa danse de circonstance, contente d’avoir échappé à son sort.

          « Elle est adorable ta chienne ! » s’était écriée Roxy, en faisant de grands signes à la bichonne. Contre toute attente, Nola accourut à elle, grimpa sur ses genoux, et se mit aussitôt à lui lécher la joue. Ce geste me surpris vivement. C’était là, une marque d’attention à laquelle n’avaient jamais eu droit que Lou et moi jusqu’à ce jour.

          – Ma parole, c’est bien la première fois que je vois Nola lécher la joue d’une personne autre que ma petite sœur et moi, dis-je à Roxy.  

          « Nola ! » répéta t-elle en lisant ce qui était inscrit sur le collier fleuri qui ornait le cou de la bichonne. 

          – Qu’est-ce que cela signifie, qu’elle m’a adoptée ? questionna t-elle. 

          – Carrément ! lui répondis-je laconiquement, encore étonné de voir Nola autant à son aise sur les jambes de sa nouvelle amie. 

          – C’est cool, elle est si mignonne ! déclara t-elle en continuant de caresser les oreilles de Nola, comme si elle avait deviné que celle-ci adorait que l’on s’y attarde.  

          – Tu sembles aimer les animaux, constatai-je en l’observant.  

          – Je les adore tu veux dire ! renchérit-elle. Je me demande d’ailleurs comment cela se fait qu’il en soit autrement pour d’autres.  

          – Je me le demande aussi.

          Laetitia avait rejoint sa sœur pour couvrir d’attentions la bichonne. Les regardant s’amuser avec elle, Matt se leva dans l’intention de caresser Nola lui aussi (enfin, d’essayer en tout cas). Mais en le voyant s’approcher, celle-ci bondit des jambes de Roxy et courut aussitôt à moi. Cela nous fit tous rire. Pauvre Matt !

          Ça devait faire deux heures environ qu’on bavardait. Mes visiteurs demandèrent à prendre congé de moi. Je n’avais même pas vu le temps s’écouler. Et comme je voulais prolonger encore un peu le temps passé en leur compagnie, j’insistai pour les raccompagner et profitai de l’occasion pour connaître chez mes nouvelles amies. Nous fûmes à peine un quart d’heure plus tard chez celles-ci. Elles habitaient, avec leur sœur aînée, Dikha, un modeste mais ravissant appartement qui se trouvait six étages au-dessus de celui de Matt. Juste après que j’eus fait la connaissance de Dikha on s’en alla Matt et moi mais avant, je promis à mes amies de passer les voir un de ces jours.

          On avait à peine mis les pieds dehors et fait quelques pas que Matt me sauta dessus à coup de questions. Il voulait savoir ce que je pensais des deux sœurs. Surtout, ce que je pensais de la plus jeune. Il faisait allusion à Roxy. Ah ! Tout au long de cette visite, je m’étais demandé pourquoi Matt s’était pointé chez moi sans me prévenir qu’il serait accompagné de ces deux charmantes filles. Et pourtant, la réponse à cette question était si évidente. Matt s’obstinait à ne pas accepter le fait que je n’aie pas de petite amie. Il disait toujours que c’était un véritable crime qu’un garçon aussi mignon, aussi agréable et intelligent que moi soit seul. Aussi ne manquait-il jamais la moindre occasion de jouer les entremetteurs. Et donc en me faisant la surprise d’emmener Laetitia et Roxy chez moi, il avait espéré que je craque pour la dernière. Je lui répondis, mine de rien, que je les trouvais sympa. Comprenant sans doute que j’essayais de me dérober encore une fois, il insista avec cette curiosité qui le caractérisait, voulant absolument savoir si Roxy me plaisait ne serait-ce qu’un tout petit peu. Et comme précédemment, histoire de le narguer, je feignis une certaine indifférence, lui répondant alors que je la trouvais juste super jolie, sympa et qu’elle devait de toute évidence être bien intelligente. Il me regarda alors l’air dépité et n’insista pas plus que ça.

*

         Je passai toute l’après-midi à penser à Roxy. A peine même ai-je accordé de l’intérêt à mon cours de guitare. Cela n’avait pas échappé à ma prof qui inquiète, m’a demandé si j’allais bien. Je lui ai répondu avec un grand sourire que tout allait pour le mieux. Cependant, je ne crois pas que mon sourire l’ait pour autant convaincue, vu l’air dubitatif qu’elle avait alors affiché. Mais elle s’en était contentée tout de même. Et même le soir, j’eus une toute dernière pensée pour Roxy avant de succomber au sommeil, épuisé par toute cette émotion de la journée et par le poids de mes pensées.

Publié dans:Mon Best-seller ! |on 23 juillet, 2011 |Pas de commentaires »
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