Archive pour janvier, 2013

Jour 559: Jeudi 31-01-2013

Bienvenue à la maison !

          Je suis rentré chez moi ce soir ; mon voyage est maintenant bien terminé. J’ai passé quelques coups de fil pour informer certaines personnes de mon retour. Figure-toi que tout ce temps que j’ai passé au village, j’étais injoignable, faute de réseau !

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 31 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

Jour 558: Mercredi 30-01-2013

Au champ - mon frère et son épouse !

          C’est directement chez ma mère que je me suis rendu à ma descente du car. Je devais lui remettre la quasi-totalité des produits de la terre que j’avais sur moi. Et comme j’aime à le faire, j’ai profité d’être chez elle pour penser plus posément à mon séjour au village.

          Tous ces jours passés avec mon père là où il est né et a grandi, là où il a vécu bon nombre d’expériences, m’ont permis d’en apprendre beaucoup sur sa personnalité, de mieux la cerner. A plusieurs reprises, des gens m’ont de façon spontanée parlé de mon père. Et il y a une chose qui ressortait à chaque fois de leur propos : sa grande générosité ! Mon père a en effet rendu quantité de services à sa famille, aux gens de son village et même au-delà. Il a même fait par pur élan de générosité, d’amour, des choses que d’aucuns qualifieraient de folies.

          L’aspect de la vie du village qui m’a le plus marqué, c’est l’esprit de partage (qui hélas, se meurt). Comme je t’en ai parlé il y a quelques jours, j’ai reçu des dizaines de kilos de riz de la part de diverses personnes. Et des tantes ont eu à concocter des repas savoureux rien que pour moi. Il y a toutefois deux choses qui peuvent bien illustrer l’esprit de partage dont je te parle. Il y a quelques années, mon père a foré un puits devant sa maison (au début, je pensais qu’il s’agissait d’un puits communautaire, mais qui se trouvait juste devant la maison). Plusieurs dames (des hommes aussi) du village y viennent librement s’approvisionner en eau pour assurer la vie courante de leurs maisons. C’est qui est étonnant, c’est que certaines préfèrent s’approvisionner là, plutôt qu’à la pompe du village. A dix mètres du puits se trouve un citronnier que mon père a planté il y a plusieurs décennies mais qui continue de produire abondamment de citrons comme s’il avait conscience de son utilité publique car, nombreux sont les villageois qui viennent gracieusement s’en procurer. A peine même leur est-il nécessaire d’en demander la permission.

          J’ai vu que les femmes ont dans la vie du village un rôle crucial. Je n’exagérerais sans doute pas tellement si je m’avançais à dire que tout repose sur elles. Dès avant l’aube, vous les voyiez s’activer à des tâches ménagères. Ensuite, elles accompagnaient leurs maris aux champs qui se trouvaient à des kilomètres du village, avec parfois des enfants à bas âges sur leur dos. Il fallait après ce long trajet s’adonner aux pénibles travaux champêtres tout en ayant un œil sur ces derniers. Les femmes demeurées au village ne restaient pas inactives pour autant. Elle faisait la cuisine pour une famille toujours nombreuse car, en plus de nourrir son mari et ses enfants, il était vivement d’usage de penser de temps à autre à sa belle famille. Et les tâches autres que la cuisine ne manquaient jamais. Tout ça pour te dire que les femmes peuvent rester actives toute la journée, pour que vive le village. Mais cela ne les empêche jamais de trouver du temps pour s’adonner une activité qu’elles affectionnent particulièrement : papoter !  

          Le gaspillage, c’est l’une des choses qui m’auront le plus désolé. Il faut cependant savoir qu’il n’est pas volontaire. Prenons le cas de la plantation familiale qui illustre un peu ce qui se passe partout ailleurs. La terre ici étant assez fertile, elle produit beaucoup. Il est cependant extrêmement difficile d’en recueillir les fruits. Cela pour une question d’accessibilité. En effet, on ne peut s’y rendre qu’à pied, car il n’existe pas de voie d’accès pour les véhicules. Et encore, il faut avoir de bonnes jambes. Du coup, les produits qui peuvent l’être sont récupérés et le reste n’a plus qu’à pourrir tranquillement sur place. Triste quand on pense à tous ceux qui manquent cruellement de nourriture sur Terre !

          Une autre chose déplorable : la galopante décadence des mœurs des jeunes du village ! Ce qui semble être devenue la mode actuellement dans le village et même dans une bonne partie de la région, c’est la vente des terres. Les jeunes ne s’embarrassent pas de vendre les terres que leur ont laissées leurs parents. Et ce qui est encore plus lamentable, c’est qu’ils le font à des prix dérisoires. Il faut dire que la crise sociopolitique qui a secoué le pays et tout particulièrement la zone ouest, a plongé les populations dans une grande pauvreté. Et cette pauvreté a ainsi ouvert la porte à des actes aussi indignes que celui dont j’ai parlé à l’instant, mais aussi à des comportements périlleux comme la consommation effrénée d’alcool. Il y a une boisson que les jeunes semblent beaucoup affectionner. Son faible prix, 150 francs CFA le litre, le rend en principe accessible à tous. Et ce ne sont pas les buvettes où s’en procurer qui manquent dans le village. Il s’agit du vin de palme. Si tu veux savoir, j’aime bien le vin de palme moi aussi, je trouve son goût agréable. Mais rassure-toi, en comparaison à eux, je ne l’aime pas du tout assez. Ce qui est vraiment très inquiétant, c’est que les jeunes qui consomment le vin de palme ne sont pas seulement à la merci des dangers de l’alcool, ils sont également à la merci de dangers dont personne n’a réellement idée. Tout le monde s’accorde à dire que le vin de palme vendu dans les buvettes du village n’est pas de qualité première. Prélevé au cœur du palmier avec toutes ses propriétés initiales, le vin serait ensuite dilué (certains vendeurs le reconnaissent à demi-mot). Avec quoi ? On l’ignore ! Mais ce n’est pas tout, lors de sa consommation, les jeunes ajoutent au vin de palme d’autres boissons alcooliques à la provenance tout aussi douteuse. Dieu seul sait ce que ce cocktail Molotov peut créer comme dégâts dans l’organisme.

          La pauvreté n’explique pas tout toutefois. Elle n’explique pas par exemple le fait que les jeunes prennent plaisir à s’adonner toujours plus à des aventures sexuelles.

          Bien d’autres choses qui pourraient être dites encore, mais je m’arrête là. Ce voyage aura été vraiment enrichissant !      

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 30 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

Jour 557: Mardi 29-01-2013

 Car en panne !

           C’est ce matin que j’ai pris le chemin du retour, accompagné à la petite gare routière du village par mon père, mon frère et sa compagne, et les sœurs de mon père. J’ai pu avoir un car qui partait directement pour Abidjan ; je n’ai donc pas eu à décomposer par Man. Mes nombreux bagages (j’étais très lourdement chargé de riz, bananes plantains et divers autres produits vivriers) et ceux d’autres passagers embarqués, il était onze heures pile quand on a pris la route.

          Une demi-heure après le départ, nous avons dû descendre du véhicule car les pneus arrière s’étaient embourbés et les manœuvres insistantes du chauffeur pour nous en sortir étaient restées vaines. Les hommes ont alors fait parler leurs muscles pour qu’on se tire d’affaire. On a ainsi pu continuer. Mais une heure de route plus tard, nous avons encore dû nous arrêter, suite à une crevaison du pneu arrière droit. Il nous a fallu un quart d’heure pour le changer et reprendre la route. Seulement, voilà que quelques kilomètres plus loin, il s’ensuivit à nouveau une crevaison de pneu. Ironie du sort ou signe d’un problème à ce niveau, c’est encore le pneu arrière droit qui était touché. Et là, il y avait problème : on ne disposait plus de pneu secours (le seul qu’on avait venait de nous lâcher). Le chauffeur a donc dû se rendre, en auto-stop, à la ville la plus proche pour nous trouver un pneu. Cette ville se trouvait à une dizaine de kilomètres. Certains passagers étaient très agacés par la situation. Moi, tout ceci me faisait marrer tu ne peux pas savoir. En attendant que le problème soit réglé, nous les passagers avons décidé d’aller à pied à un village qui se trouvait à un kilomètre et demi de là, pour trouver de quoi manger. Seuls l’apprenti et un passager (en qui nous avions confiance) sont restés auprès du car.

          Notre escale dans ce village fut plus longue qu’on l’avait pensé car c’est pratiquement deux heures et demie après son départ que le chauffeur est venu nous chercher. Il était alors quinze heures. On avait tous conscience que nous arriverions à Abidjan le lendemain. Pourquoi ? Simplement parce que le trajet restant était encore long mais aussi, à cause des interminables points de contrôle des forces de l’ordre (en cette Côte d’Ivoire poste-crise électorale, on ne voit que ça). Des points de contrôle qui, soit dit en passant, sont manifestement plus des points de racket et de corruption. Et il y avait aussi les escales qu’on faisait de temps à autre pour permettre aux uns et aux autres d’acheter des choses ou pour satisfaire d’éventuels besoins corporels, qui rallongeaient la durée du voyage.

          Pendant que le véhicule roulait, j’essayais à certains moments de prendre des photos de paysages qui attiraient mon attention. Mais, ce n’était pas si évident, car le chauffeur avait le pied sur le plancher. A vingt-trois heures, on s’est arrêté à Divo, située à cent quatre-vingt neuf kilomètres d’Abidjan. On a pensé qu’on y passerait la nuit (c’est ce qui se fait souvent car les voyages de nuit sont loin d’avoir une réputation flatteuse, du fait d’accidents dus à la somnolence de chauffeur, ou encore de l’insécurité devenue fort inquiétante orchestrée par les coupeurs de route). Mais le chauffeur nous a fait comprendre qu’il faisait juste une pause pour qu’on puisse prendre notre repas du soir. Personnellement, j’étais pour qu’on y passe la nuit. Mais qu’on reparte après avoir mangé ne semblait pas déranger beaucoup parmi nous. A minuit vingt, on a donc repris la route. La plupart des passagers dormaient mais ouvraient les yeux pour les refermer aussitôt, lors de passages obligés dans des nids de poule. Quelques uns par contre, dont moi, semblaient avoir plus de mal à le faire. Je ne sais pas pour les autres mais si moi je ne dormais pas, c’était simplement parce que je n’avais pas sommeil. C’était aussi parce que j’étais intrigué par le brouillard qui enveloppait de plus en plus la route et qui réduisait considérablement la visibilité ; je me demandais comment le chauffeur pouvait continuer de faire avancer le véhicule à une allure aussi vive. Il devait, ma foi, avoir une vue hautement supérieure à la normale.

          A trois heures quarante-cinq, le car a fini par engloutir la centaine de kilomètres : on était à Abidjan !   

 

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 29 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

Jour 556: Lundi 28-01-2013

Papa à vélo !

           Après une journée pleine de nostalgie, voilà que je suis sur le point de passer ma dernière nuit de sommeil dans mon village paternel !

 

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 28 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

Jour 555: Dimanche 27-01-2013

Le premier pas !

          Désormais, le premier pas (peu importe vers qui), ce devra toujours être à moi de le faire – et de façon systématique !

          – Voilà, nous y sommes presque ; mon séjour ici tire à sa fin. Plus qu’une journée à passer ici avant mon départ !

 

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 27 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

Jour 554: Samedi 26-01-2013

Eléphants attaquants !

           La Côte d’Ivoire première équipe qualifiée pour les quarts de finale après avoir battu la Tunisie 3-0. Quelle joie !

 

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 26 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

Jour 553: Vendredi 25-01-2013

Nuit étoilée !

          Ce soir, j’ai levé les yeux au ciel et j’ai contemplé les étoiles un bon moment. Elles étaient si nombreuses et certaines étaient si belles d’éclat ! C’était magnifique à voir. A Abidjan, ce n’est pas évident de voir une nuit aussi étoilée. En tout cas je n’ai jamais eu droit à ce spectacle là-bas.

 

 

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 25 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

Jour 552: Jeudi 24-01-2013

Foutou sauce graine avec phacochère !

          A ce rythme là, c’est très probable que je retournerai à Abidjan un  peu plus enrobé que je n’étais venu. Et ce sera en grande partie la faute de l’épouse de mon frère (et aussi de quelques tantes) qui ne cesse de cuisiner pour moi des mets succulents.

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 24 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

Jour 551: Mercredi 23-01-2013

Dieu est au contrôle !

          Heureusement que tu es là Seigneur… apprends-moi à toujours compter sur Toi !

 

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 23 janvier, 2013 |Pas de commentaires »

Jour 550: Mardi 22-01-2013

Drogba et Yaya !

          … et la Côte d’Ivoire en a fait autant, par la grâce de Dieu ! 

Publié dans:A mon tendre Freesia ! |on 22 janvier, 2013 |Pas de commentaires »
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